Namibie nord-ouest

15.06.2018 / 27.06.2018
Notre plan initial était de débuter le voyage tranquillement, de faire connaissance avec la Namibie en empruntant les axes principaux avant de s'attaquer aux pistes cassantes du désert mais, après une semaine passée à attendre à Walvis Bay, nous avons envie de grands horizons et besoin de savoir comment va se comporter le camping-car sur les pistes. Le Namib Naukluft national park nous parait un bon terrain de jeu pour le tester. 

Namib Naukluft NP - premières pistes : on dégonfle les pneus

Notre expérience du 4X4 se résume à quelques kilomètres sur les chemins caillouteux du parc du Verdon, en Provence. Ces essais nous ont confirmé les excellentes qualités du véhicule tant au niveau de la motricité qu'au niveau des franchissements. De ce point de vue, nous avons donc peu d'inquiétudes; il suffit de se faire un peu la main sur les différents terrains (sable, cailloux, gués...) et de suivre les quelques conseils que nous avons reçus d'autres voyageurs, plus experts que nous dans ce domaine. 
Ce qui nous préoccupe le plus est la robustesse du véhicule. Nous sommes chargés (3 tonnes); il y a donc risque de casse du châssis et des suspensions.


Pour entrer et pour bivouaquer dans le Naukluft national park, nous avons dû nous procurer un permis au bureau du Namibia Wildlife Resorts à Swakopmund la veille. Le prix à payer dépendant du nombre de jours passés dans le parc, nous avons été contraints de fixer un itinéraire. Nous allons emprunter un maximum de pistes réservées aux 4X4 pour nous rendre d'abord au camp de Groot Tinkas où nous passerons notre première nuit puis au camp de Homeb pour le second bivouac. 



Namib Naukluft NP

Le Naukluft national park fait partie du désert du Namib. Bien que ce soit un désert, on va y rencontrer de nombreux animaux tels que des autruches, des springboks, des oryx (ou gemsbok), des phacochères, des écureuils et des renards. La faune, bien que clairsemée, est également très diversifiée. Au ras du sol, on trouve la welwitschia, une plante qui donne des fruits ressemblant à des melons et qui est très appréciée des habitants du désert. Cette plante a donné son nom au premier trail que nous empruntons pour nous rendre dans le canyon de Goanikontes, le Welwischia self-drive trail. L'endroit est magnifique où règne le silence total. C'est notre premier coup de cœur  namibien. Déjà un coup de cœur  !

Namib Naukluft NP
Weltwitschia mirabilis (Namib Naukluft NP)

Blutkopje (Namib Naukluft NP)

Des coups de cœur , nous en aurons pendant ces 3 journées passées dans le parc et tout au long des 500 km que nous avons parcourus.
Les pistes se suivent mais ne se ressemblent pas, tantôt c'est de la tôle ondulée, tantôt du sable, souvent des cailloux.
Le soir, nous bivouaquons dans un camp rudimentaire, Groot Tinkas. Le chemin qui y mène est difficile et très cassant. Nous sommes ce soir seuls au monde. Nous guettons les animaux depuis notre emplacement cependant, nous ne verrons aucun mammifères mais beaucoup d'oiseaux.
Au réveil, nous partons nous balader près d'un barrage où, là encore, vivent multitudes d'oiseaux. 

Namib Naukluft NP

On a trouvé de l'eau dans le désert (Namib Naukluft)

Le bassin autour du barrage est presque sec. Depuis combien de temps n'y a-t il pas eu d'eau ici ? Et pourtant, de l'eau, on va en trouver. Nous étions partis avec un minimum d'eau dans les réservoirs afin d'alléger le véhicule mais, si nous voulons rester encore une nuit, il nous faut un peu d'eau. Sur notre carte, un point appelé Gensbokwater. Jean en est sûr, il y a de l'eau. Effectivement, au milieu de rien, un immense réservoir déverse son trop plein. Un entonnoir et un tuyau nous permettent de refaire le plein.


Namib Naukluft NP

Phacochère (Namib Naukluft NP)
Oryx (Namib Naukluft NP)

Autruches (Namib Naukluft NP)

Springboks (Namib Naukluft NP)

Ecureuil (Namib Naukluft NP)
Namib Naukluft NP

Homeb (Namib Naukluft NP)



Ce deuxième soir, nous sommes moins isolés. Nous passons la nuit dans le camp d'Homeb, au pied de dunes ocres. Ici, quelques fermiers gardent des chèvres et des vaches dans un petit oasis de verdure.

Homeb (Namib Naukluft NP)
Ferme d'Homeb (Namib Naukluft NP)

Dunes d'Homeb (Namib Naukluft NP)

Après une balade jusqu'aux dunes, nous quittons le parc par une piste le long de la Kuiseb River à près de 1000 m d'altitude.


Le long de la Kuiseb River (Namib Naukluft NP)

Dune 7 - Walvis Bay

Le soir, nous dormons à la dune 7, petite aire aménagée où les habitants de Walvis Bay viennent pique-niquer au pied d'une belle dune ocre.
Nous retiendrons de ces premiers kilomètres de piste que tout s'est bien passé, que le véhicule a bien tenu et que le chauffeur s'est merveilleusement bien débrouillé.  


On a plein de choses à raconter - Walvis Bay

Le lendemain est une journée de transition (courses, laverie à Swakopmund, plein d'essence) avant de remonter la côte qui mène à Henties Bay, une station balnéaire toute neuve qui, en cette saison est déserte.


Henties Bay

Nous nous réveillons dans la brume. L'humidité rend la piste qui mène à Cap Cross très glissante. Le temps reste couvert jusqu'au milieu de la matinée et se découvre lorsque nous arrivons sur la plage du parc de Cap Cross où se trouvent des milliers d'otaries à fourrure, en grande partie des femelles avec leurs petits. Quel spectacle !

Piste glissante vers Cap Cross

Otaries à Fourrure - Cap Cross
Otaries à Fourrure - Cap Cross
Otaries à Fourrure - Cap Cross

Si la route qui mène de Swakopmund à Cap Cross est en réalité une piste, elle est praticable par n'importe quel véhicule ce qui n'est pas le cas de celle qui bifurque vers l'est et mène au massif du Brandberg (2573 mètres) et du Messum Crater dans le Dorob national park. C'est une vraie piste 4X4.

Sur les pistes du Dorob National Park vers le Brandberg

Le Messum Crater, entourant de montagnes, est encore un endroit superbe. Nous nous y baladons en escaladant les rochers où poussent multitude de plantes grasses et fleuries.
Nous passons la nuit au milieu du cratère, seuls au monde, perdus au milieu d'un magnifique ciel étoilé.

Messum Crater (Dorob National Park)

Messum Crater (Dorob National Park)

On apprécie de voyager seuls et de se retrouver dans des endroits aussi magnifiques rien que pour nous mais, ce qui est flippant sur cette route c'est que justement on est seuls; nous n'avons croisé personne sur notre chemin. S'il arrive quelque chose, nous risquons d'attendre longtemps les secours.

Messum Crater (Dorob National Park)
Près du Brandberg

Il n'y a pas que des 4X4 sur les pistes namibiennes (Damaraland)

Les jours suivants, nous ferons d'avantage de rencontres. D'abord parce que nous rejoignons des routes principales, les routes C35 et C38 (toujours pas goudronnées mais en meilleur état que les pistes d'où nous sortons) et que la région du Damaraland est d'avantage peuplée. Au bord de la route se succèdent des petits kiosques d'artisanat. Les femmes, en habit traditionnel Himba ou Herero dansent en apercevant notre véhicule afin de nous attirer. Les enfants, eux, font l'aumône en réclamant de l'eau ou à manger.

Petrified Forest (Twyfelfontein)

Organ Pipes (Twyfelfontein)
Sur notre route, à Twyfelfontein, se trouvent des sites à visiter comme la Petrified Forest où quelques palmiers millénaires charriés par une crue exceptionnelle se sont retrouvés "pétrifiés" à cet endroit. La visite ne vaut pas vraiment le détour, tout comme celle d'Organ Pipes où des roches ressemblent à de grandes orgues  En réalité, le seul endroit qui mérite la visite est le site où se trouvent des gravures pariétales représentant, pour la plupart, des animaux. C'est un très beau site qui, comme les précédents, se visite avec un guide mais qui est vraiment intéressant. Par contre, il fait une chaleur de plomb et la visite se fait à petit pas pendant près de 2 heures; d'après notre guide, ce n'est rien en comparaison des 50°C atteints en été. 

Gravures pariétales (Twyfelfontein)

Chacal et lézard, faune du désert (Twyfelfontein)


Prudence éléphants ! (Damaraland)

Les 3 jours suivants, nous les passons, en grande partie, à rouler. D'abord pour rejoindre le minuscule village de Palmwag puis celui de Sesfontein avant d'arriver à la ville d'Opuwo.
Nous n'y apercevons pas les éléphants promis par le panneau de signalisation ni les rhinocéros qui peuplent la région.

Joyeux anniversaire, Jean ! (Palmwag)

Les rétroviseurs se déboitent (Palmwag-Sesfontein)

Par contre, nous croisons plusieurs zèbres, des singes et encore quelques springboks. 

Zèbres du désert (Palmwag-Sesfontein)

En route vers Opuwo, au nord de Warmquelle, nous faisons un détour vers les chutes d'Ongongo. Pour y aller, la piste est vraiment défoncée (boîte courte obligatoire) mais cela vaut le coup. Nous nous baignons dans un petit bassin alimenté par une cascade d'eau tiède.

Ongongo Falls

Termitière (Sesfontein - Opuwo)

Non seulement les routes ne sont pas en bon état mais, en plus, elles sont comme des montagnes russes culminant à plus 1600 mètres d'altitude.
C'est dans ces montagnes que nous rencontrons les tribus Himbas. Ce sont des éleveurs qui gardent vaches et chèvres. 

Rencontre avec des bergers Himbas (Sesfontein-Opuwo)

Femmes Hereros en habit traditionnel (Kaoka Otavi)

En faisant un petit détour par le village de Kaoko Otavi, nous faisons la connaissance de nombreux villageois réunis pour une cérémonie. Il y a là des Hereros et des Himbas.
Les Himbas sont vêtus de pagnes en peau de bêtes; leur peau et leurs cheveux sont recouverts de beurre et de terre ocre et ils sont parés de nombreux bijoux.
A l'opposé, les femmes Herero portent de longues robes et des chapeaux à l'occidental mais d'un siècle passé.
A Opuwo, petite ville où nous faisons provision de diesel, d'eau et de nourriture et où nous faisons notre premier camping afin de faire une pause confortable, toutes ces ethnies sont encore mélangées. Malheureusement, elles vivent dans une sorte de bidonville très misérable qui nous fait détester l'endroit.
C'est également à Opuwo que nous faisons laver le véhicule qui, depuis Cap Cross, a la couleur des Himbas. Malheureusement, nous oublions de protéger la caméra de recul qui finit par prendre l'eau. Il faudra donc s'en passer pour le reste du voyage.
Pour l'instant, nous n'en avons pas besoin car les routes sont très peu fréquentées.

Pistes chaotiques d'Opuwo à Epupa Falls


Peu fréquentées par les véhicules mais pas désertées par les bergers et leurs troupeaux. Tout le long de la route d'Opuwo à Epupa Falls, nous rencontrons des Himbas. Beaucoup nous réclament de l'eau et à manger. Nous voudrions nous arrêter à midi pour déjeuner mais il y a toujours quelqu'un autour de nous qui nous réclame quelque chose. Nous donnons un peu de nourriture puis nous repartons afin d'être tranquilles mais, à chaque fois, cela recommence. On finit par s'arrêter et partager notre repas en trois avec un Himba. 

Les montagnes entre Opuwo et Epupa Falls : terres des Himbas

Femmes et enfants Himbas (Opuwo-Epupa Falls)

Femmes et enfants Himbas (Opuwo-Epupa Falls)

Un peu plus tard sur la route, alors que nous sommes arrêtés, de très jeunes enfants viennent à notre rencontre et nous réclament de l'eau. Alors que je leur mets un peu d'eau dans leur récipient, ils touchent mes cheveux, la peau de mes jambes et de mes bras, mes bijoux. Nous les intriguons. Leurs mères les rejoignent. Nous faisons des photos avec elles et les enfants. Elles visitent le camping-car. Une fois encore, notre conversation se fait par gestes car nous ne parlons pas la même langue.

Village Himba (Opuwo-Epupa Falls)

Lorsque nous prenons en photo les Himbas dans leur village, nous cherchons à faire le plus beau cliché de femmes ou d'enfants car cela nous émerveille mais, eux, ce qu'ils nous montrent et qu'ils veulent que l'on photographie c'est leur bétail. Leur propre apparence ne leur parait pas digne d'intérêt puisque ils ont tous la même depuis des générations par contre leur vaches sont dignes d'intérêt; il ne faut donc pas les négliger mais, au contraire, en faire grand cas.

Epupa Falls

Après de longues heures de route de montagnes, nous arrivons enfin à Epupa Falls, petit oasis où poussent les palmiers le long de la Kunene river qui marque la frontière avec l'Angola. Nous nous installons dans un des camps d'Epupa. Les chutes ne sont pas gigantesques mais le panorama est très beau. Bien que notre camping soit situé juste en amont des chutes, nous nous baladons le long de la rivière Kunene afin de les apercevoir un peu mieux et surtout pour nous dégourdir les jambes; nous en avons un peu marre de rouler et avons besoin de faire un peu d'exercice. 
L'après-midi étant très chaude, nous profitons de la piscine pour nous rafraichir. Quel bonheur !

Montagnes russes le long de la Kunene river (Epupa - Ruacana)

Pour atteindre Epupa Falls, nous avions emprunté la route D3700, pas très bonne mais correcte. Au moment de repartir, nous nous demandons si nous faisons demi-tour ou si nous prenons le chemin qui longe la rivière Kunene jusqu'à Ruacana. Bien qu'un local que nous avions interrogé nous ait assuré que ce dernier était en bon état, nous préférons cependant faire demi-tour et reprendre la D3700. Cela nous faire faire d'avantage de km mais nous parait plus prudent. Nous préférons garder notre rythme marathon et éviter de trop exposer le véhicule aux problèmes.
Il semble que nous ayons bien fait car, arrivés à la hauteur de Onduzu après avoir bifurqué à Epembe, nous arrivons à la fameuse piste le long de la rivière, nous nous apercevons que celle-ci est très difficile. Il y a de nombreux gués qui, même à sec, sont difficiles à passer. Nous mettons 3 heures pour faire les 45 km pour arriver aux chutes de Ruacana, petit filet d'eau à cette période de l'année que l'on peut apercevoir depuis l'usine hydroélectrique NamPower sans nécessairement passer la frontière angolaise.

Après presque 2000 km de piste, on peut regonfler les pneus (Ruacana)

Peu avant Ruacana, la route devient asphaltée. Après près de 2000 km de pistes, il y a des moments que le progrès nous fait apprécier !

300 km d'une bonne route, la C35, nous permet de rejoindre Kamanjab et son Oppi Koppi Rest Camp, ouvert gratieusement aux overlanders, avant de rentrer dans le parc national d'Etosha. En attendant de voir les animaux du parc, sur le bord de la route, nous apercevons un troupeau de plusieurs girafes, à peine effrayées par notre présence ainsi qu'un phacochère.


Girafes (Ruacana-Kamanjab)

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